{"id":1074,"date":"2020-05-05T18:46:09","date_gmt":"2020-05-05T16:46:09","guid":{"rendered":"https:\/\/sosforetfrance.org\/?p=1074"},"modified":"2020-08-14T13:22:43","modified_gmt":"2020-08-14T11:22:43","slug":"detruire-les-ecosystemes-et-recolter-les-virus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/2020\/05\/05\/detruire-les-ecosystemes-et-recolter-les-virus\/","title":{"rendered":"D\u00e9truire les \u00e9cosyst\u00e8mes et r\u00e9colter les virus"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une revue de presse sous confinement<\/strong> <\/h2>\n\n\n\n<p><em><strong>de Nicolas Bell SOS for\u00eat France et SOS for\u00eat du SUD<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce sera peut-\u00eatre l\u2019une des rares cons\u00e9quences positives de cette crise sanitaire plan\u00e9taire, celle de pr\u00eater enfin plus d\u2019attention aux voix qui depuis longtemps nous avertissent que notre comportement destructeur envers les \u00e9cosyst\u00e8mes, envers ce qu\u2019on appelle commun\u00e9ment la nature, risque de nous mener \u00e0 des catastrophes sanitaires d\u2019une ampleur in\u00e9dite.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"600\" src=\"https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-1024x600.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1078\" srcset=\"https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-1024x600.jpg 1024w, https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-300x176.jpg 300w, https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-768x450.jpg 768w, https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-350x205.jpg 350w, https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1-1320x774.jpg 1320w, https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1.jpg 1496w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Selon Philippe Grandcolas<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>, \u00ab&nbsp;A<em>ujourd\u2019hui nous savons qu\u2019il ne s\u2019agit pas que d\u2019un probl\u00e8me m\u00e9dical. L\u2019\u00e9mergence de ces maladies infectieuses correspond \u00e0 notre emprise grandissante sur les milieux naturels. On d\u00e9foreste, on met en contact des animaux sauvages chass\u00e9s de leur habitat naturel avec des \u00e9levages domestiques dans des \u00e9cosyst\u00e8mes d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s, proches de zones p\u00e9riurbaines. On offre ainsi \u00e0 des agents infectieux de nouvelles cha\u00eenes de transmission et de recomposition possibles.&nbsp;(\u2026) Le silence sur ce point est assourdissant. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019un coup le commun des mortels d\u00e9couvre des termes comme \u00ab&nbsp;zoonose&nbsp;\u00bb, qui signifie \u00ab&nbsp;<em>une maladie produite par la transmission d\u2019un agent pathog\u00e8ne entre animaux et humains&nbsp;<\/em>\u00bb. Et on se rend compte que cela fait des ann\u00e9es que des chercheurs et des \u00e9cologues tirent la sonnette d\u2019alarme. Kate Jones, professeure d\u2019\u00e9cologie et de biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019University College \u00e0 Londres, a identifi\u00e9 335 maladies infectieuses \u00e9mergentes apparues entre 1940 et 2004, dont 60&nbsp;% sont des zoonoses<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a>. En 2018, l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9 a inscrit une \u00ab&nbsp;maladie X&nbsp;\u00bb dans la liste des pathologies pouvant provoquer un \u00ab&nbsp;danger international&nbsp;\u00bb. <em>\u00ab&nbsp;La maladie X se propagerait rapidement et silencieusement&nbsp;; exploitant des r\u00e9seaux de voyage et de commerce humains, elle atteindrait plusieurs pays et serait difficile \u00e0 contenir.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi la multitude de voix lan\u00e7ant des alertes dans le d\u00e9sert, citons encore la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversit\u00e9 et les risques \u00e9cosyst\u00e9miques (IPBES)<a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a> qui rappelle que l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 entra\u00eene de mani\u00e8re quasi syst\u00e9matique une augmentation de ces maladies. Ou encore l\u2019organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture&nbsp;: \u00ab&nbsp;S<em>elon la FAO, l\u2019augmentation des maladies infectieuses \u00e9mergentes co\u00efncide avec la croissance acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e des taux de d\u00e9forestation tropicale enregistr\u00e9s ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Plus de 250 millions d\u2019hectares ont disparu en quarante ans. Les for\u00eats tropicales, parce qu\u2019elles sont particuli\u00e8rement riches en biodiversit\u00e9, sont aussi tr\u00e8s riches en micro-organismes<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Philippe Grandcolas, l\u2019\u00e9tude des \u00e9cosyst\u00e8mes est le parent pauvre de la science et de la biologie, n\u2019attirant que 0.6\u00a0% des cr\u00e9dits pour la recherche en Europe<a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a>.<a href=\"#test\">L\u2019article du Monde<\/a> du 8 avril donne un exemple \u00e9clairant de comment ce processus de zoonoses fonctionne. Il s\u2019agit du virus Nipah qui a \u00e9merg\u00e9 en Malaisie en 1998. <em>\u00ab\u00a0 Ce virus \u00e9tait h\u00e9berg\u00e9 par des chauves-souris frugivores du nord du pays. A cette \u00e9poque, des \u00e9levages porcins industriels sont \u00e9tablis dans la r\u00e9gion. Les \u00e9leveurs plantent \u00e9galement des manguiers et d\u2019autres arbres fruitiers pour s\u2019assurer une seconde source de revenus. Chass\u00e9es des for\u00eats o\u00f9 elles vivaient, en raison notamment de l\u2019exploitation de l\u2019huile de palme, les chauves-souris s\u2019installent sur ces arbres. Les fruits \u00e0 demi consomm\u00e9s, leur salive ou leurs excr\u00e9ments tombent dans les enclos, et les porcs mangent tout. Le virus se propage d\u2019un cochon \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un \u00e9levage \u00e0 l\u2019autre, puis infecte l\u2019homme. Plus d\u2019un million de porcs sont abattus\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un article de Katarina Zimmer publi\u00e9 par National Geographic le 22 novembre 2019, donc avant la crise sanitaire actuelle, pr\u00e9cise ce qui a pu d\u00e9clencher le virus Nipah&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;En 1997, des nuages de fum\u00e9e planaient au-dessus des for\u00eats tropicales d\u2019Indon\u00e9sie, o\u00f9 une zone de la taille de la Pennsylvanie, environ, avait \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e pour faire place \u00e0 l\u2019agriculture, et o\u00f9 les incendies avaient \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9s par la s\u00e9cheresse. Etouff\u00e9s par la brume, les arbres n\u2019ont pas pu produire de fruits, laissant les chauve-souris frugivores sans autre choix que de voler ailleurs \u00e0 la recherche de nourriture, emportant avec elles une maladie mortelle&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons que <em>\u00ab&nbsp;les chauves-souris sont les seuls mammif\u00e8res pouvant voler, ce qui leur permet de se r\u00e9pandre en grand nombre, depuis une communaut\u00e9 sp\u00e9cifique, sur une vaste zone&nbsp;\u00bb <\/em>(Nick Paton Walsh et Vasco Cotovio, sur le site de CNN, 19 mars).<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce ne sont pas les seuls \u00e0 s\u2019envoler vers d\u2019autres cieux\u2026 <em>\u00ab&nbsp;De nos jours, avec les transports motoris\u00e9s et les avions, on peut se retrouver dans une for\u00eat d\u2019Afrique centrale un jour, et au centre de Londres le lendemain.&nbsp;\u00bb <\/em>(Walsh et Cotovio)<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Katarina Zimmer, une maladie bien plus connue et plus meutri\u00e8re, le paludisme, <em>\u00ab&nbsp;qui tue plus d\u2019un million de personnes chaque ann\u00e9e en raison de l\u2019infection par des parasites transmis par les moustiques est depuis longtemps soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019aller de pair avec la d\u00e9forestation. (\u2026) Au Br\u00e9sil, au d\u00e9but du si\u00e8cle, il y avait plus de 600.000 cas par an dans le bassin amazonien. (\u2026) Le d\u00e9frichement de parcelles de for\u00eat semble cr\u00e9er un habitat id\u00e9al, en bordure de for\u00eat, pour la reproduction du moustique Anopheles darlingi, le plus important vecteur du paludisme en Amazonie. (\u2026) En un an d\u2019\u00e9tude, par exemple, 1600 km<\/em><em>\u00b2<\/em><em> de for\u00eat d\u00e9frich\u00e9e \u2013 l\u2019\u00e9quivalent de 300.000 terrains de football \u2013 ont \u00e9t\u00e9 li\u00e9s \u00e0 10.000 cas suppl\u00e9mentaires de paludisme&nbsp;\u00bb. <\/em>On ne peut que craindre l\u2019impact des incendies qui ont encore ravag\u00e9 l\u2019Amazonie ces douze derniers mois.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre exemple&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Au Liberia, les coupes de for\u00eats pour l\u2019installation de plantations de palmiers \u00e0 huile attirent des hordes de souris typiquement foresti\u00e8res, all\u00e9ch\u00e9es par l\u2019abondance des fruits de palmiers autour des plantations et des habitations&nbsp;\u00bb <\/em>(Katarina Zimmer). R\u00e9sultat&nbsp;: les hommes contractent le virus Lassa qui au Liberia a tu\u00e9 36&nbsp;% des personnes infect\u00e9es. <em>\u00ab&nbsp;De tels processus ne se limitent pas aux maladies tropicales. Certaines des recherches de MacDonald<a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a> ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une curieuse association entre la d\u00e9forestation et la maladie de Lyme dans le nord-est des Etats-Unis.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Selon Serge Morand, \u00e9cologue de la sant\u00e9 et chercheur au CNRS-Cirad bas\u00e9 en Tha\u00eflande, <em>\u00ab&nbsp; on est en train de modifier en profondeur les interactions entre la faune sauvage et ses propres pathog\u00e8nes et de d\u00e9truire l\u2019autor\u00e9gulation des \u00e9cosyst\u00e8mes qui maintenait la circulation des virus \u00e0 bas bruit.&nbsp;\u00bb <\/em>Pour Kate Jones, <em>\u00ab&nbsp;dans les \u00e9cosyst\u00e8mes riches, de nombreuses esp\u00e8ces, quand elles sont confront\u00e9es \u00e0 un virus, peuvent le d\u00e9truire ou ne pas le reproduire. Elles jouent un r\u00f4le de cul-de-sac \u00e9pid\u00e9miologique, de rempart&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Katarina Zimmer&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;De nombreux virus existent de mani\u00e8re inoffensive, avec leurs animaux h\u00f4tes, dans les for\u00eats, ayant co-\u00e9volu\u00e9 avec eux. Mais les humains peuvent devenir des h\u00f4tes involontaires d\u2019agents pathog\u00e8nes lorsqu\u2019ils s\u2019aventurent dans les for\u00eats ou lorsqu\u2019ils alt\u00e8rent les milieux forestiers&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9levage industriel entra\u00eene une simplification g\u00e9n\u00e9tique et une uniformisation des esp\u00e8ces \u00e0 de vastes \u00e9chelles. Dans un communiqu\u00e9 publi\u00e9 le 2 avril 2020, l\u2019association Grain explique que \u00ab&nbsp;<em>de nouvelles recherches sugg\u00e8rent que l\u2019\u00e9levage industriel, et non les march\u00e9s de produits frais, pourrait \u00eatre \u00e0 l\u2019origine du Covid-19. (\u2026) La r\u00e9gion autour de Wuhan est un \u00e9picentre des \u00e9levages industriels de porcs et elle est toujours en train de se d\u00e9battre face \u00e0 la mort massive de porcs suite \u00e0 l\u2019apparition d\u2019un autre virus l\u00e9tal, il y a tout juste une ann\u00e9e. &nbsp;\u00bb<a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;A mesure que la production industrielle \u2013 porcine, avicole et autres \u2013 s\u2019\u00e9tend \u00e0 la for\u00eat primaire, elle fait pression sur les exploitants d\u2019aliments sauvages pour qu\u2019ils s\u2019enfoncent davantage dans la for\u00eat \u00e0 la recherche de populations sources, augmentant ainsi l\u2019interface avec de nouveaux agents pathog\u00e8nes et par l\u00e0 leur propagation&nbsp;\u00bb.<a href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a> <\/em>C\u2019est l\u2019une des sources probables du Covid-19&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;celles-ci comprennent un dangereux commerce d\u2019animaux sauvages pour la nourriture, avec des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement s\u2019\u00e9tendant \u00e0 travers l\u2019Asie, l\u2019Afrique et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis et ailleurs. Ce commerce a maintenant \u00e9t\u00e9 interdit en Chine, \u00e0 titre temporaire&nbsp;; mais il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 interdit pendant le SRAS, puis a pu reprendre&nbsp;\u00bb <\/em>(David Quammen, New York Times, 18 mars).<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le rappelle Philippe Grandcolas, la d\u00e9stabilisation d\u2019\u00e9cosyst\u00e8mes n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne cantonn\u00e9 aux pays tropicaux et lointains. \u00ab&nbsp;<em>En France nous tuons des centaines de milliers de renards par an. Or, ce sont des pr\u00e9dateurs de rongeurs porteurs d\u2019acariens qui peuvent transmettre la maladie de Lyme par leurs piq\u00fbres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Selon H\u00e9l\u00e8ne Soubelet, <em>\u00ab&nbsp;tout notre syst\u00e8me \u00e9conomique est orient\u00e9 vers la destruction de cette biodiversit\u00e9 que nous devons aujourd\u2019hui pr\u00e9server&nbsp;\u00bb. <\/em>Pour l\u2019historien J\u00e9r\u00f4me Baschet, \u00ab&nbsp;<em>le Covid-19 est une \u2018maladie de l\u2019Anthropoc\u00e8ne\u2019 <\/em>&nbsp;\u00bb, ou pour lui donner <em>\u00ab&nbsp;son v\u00e9ritable nom&nbsp;: Capitaloc\u00e8ne. Car il est le fait, non de l\u2019esp\u00e8ce humaine en g\u00e9n\u00e9ral, mais d\u2019un syst\u00e8me historique sp\u00e9cifique. (\u2026) Le virus qui nous afflige est l\u2019envoy\u00e9 du vivant, venu nous pr\u00e9senter la facture de la tourmente que nous avons nous-m\u00eames provoqu\u00e9e&nbsp;\u00bb.<a href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Malheureusement, la p\u00e9riode dramatique que nous traversons pourrait exacerber le manich\u00e9isme humain, pousser certains \u00e0 vouloir se d\u00e9barasser de toute la biodiversit\u00e9. (\u2026) Nous ne pouvons pas nettoyer au K\u00e4rcher tous les micro-organismes qui nous entourent, on en a absolument besoin&nbsp;\u00bb <\/em>(Philippe Grandcolas).<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas d\u2019ange ni de d\u00e9mon dans la nature, les esp\u00e8ces peuvent \u00eatre les deux \u00e0 la fois. La chauve-souris n\u2019est pas qu\u2019un r\u00e9servoir de virus, elle est aussi un pr\u00e9dateur d\u2019insectes en m\u00eame temps qu\u2019une pollinisatrice de certaines plantes&nbsp;\u00bb (Philippe Grandcolas). \u00ab&nbsp;Leur syst\u00e8me immunitaire est mal compris et pourrait nous fournir des indices importants. Comprendre comment les chauves-souris font face \u00e0 ces agents pathog\u00e8nes peut nous apprendre comment les combattre, s\u2019ils se r\u00e9pandent chez les gens&nbsp;\u00bb <\/em>(Walsh et Cotovio).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019attitude qui consiste \u00e0 \u00e9valuer la nature sous l\u2019unique angle de ce que nous consid\u00e9rons comme utile est fortement ancr\u00e9e. Dans une chronique du Monde du 2 f\u00e9vrier, St\u00e9phane Foucart, nous donne un exemple \u00e9clairant. Il explique que des experts allaient se r\u00e9unir d\u00e9but f\u00e9vrier \u00e0 Bruxelles afin de discuter un nouveau cadre r\u00e9glementaire de protection de l\u2019environnement. Il s\u2019agit <em>\u00ab&nbsp;d\u2019une approche d\u00e9finissant des \u2018objectifs sp\u00e9cifiques de protection\u2019, et fond\u00e9e sur la pr\u00e9servation des services rendus par la nature, non sur la protection de la nature elle-m\u00eame. De tels principes pourraient permettre la destruction de certaines esp\u00e8ces si d\u2019autres, remplissant peu ou prou le m\u00eame r\u00f4le dans l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me (la pollinisation des cultures, par exemple), sont susceptibles de leur survivre. (\u2026) L\u2019environnement est-il r\u00e9ductible \u00e0 la somme des services qu\u2019il rend aux hommes&nbsp;?&nbsp;\u00bb <\/em>Peut-on<em> \u00ab&nbsp;d\u00e9clarer surnum\u00e9raire une esp\u00e8ce vivante&nbsp;? Sa destruction, non comme cons\u00e9quence accidentelle d\u2019une activit\u00e9, mais comme r\u00e9sultat pr\u00e9visible et op\u00e9rationnel d\u2019un r\u00e8glement, est-elle acceptable&nbsp;? Est-ce \u00e0 des experts de r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, derri\u00e8re les portes closes d\u2019une salle de r\u00e9union bruxelloise&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;En plus des maladies connues, les scientifiques craignent qu\u2019un certain nombre de maladies mortelles encore inconnues se cachent dans les for\u00eats, qui pourraient \u00eatre dispers\u00e9es massivement, au fur et mesure de leur destruction. Carlos Zambrana-Torrelio<a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a> remarque que la probabilit\u00e9 de retomb\u00e9es sur les populations pourrait augmenter avec le r\u00e9chauffement climatique, qui pousse les animaux, ainsi que les virus qu\u2019ils transportent, \u00e0 migrer vers les r\u00e9gions o\u00f9 ils ne vivaient pas auparavant&nbsp;\u00bb <\/em>(Katarina Zimmer). Est-ce que la crise sanitaire actuelle provoquera enfin une v\u00e9ritable prise de conscience plus large&nbsp;? Ou verra-t-on un retour au \u00ab&nbsp;business as usual&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La bataille sera rude. \u00ab&nbsp;Quiconque c<em>herche \u00e0 comprendre pourquoi les virus deviennent plus dangereux doit \u00e9tudier le mod\u00e8le industriel de l\u2019agriculture et, plus particuli\u00e8rement de l\u2019\u00e9levage animal. A l\u2019heure actuelle, peu de gouvernements et scientifiques sont pr\u00eats \u00e0 le faire. Bien au contraire. (\u2026) Le capital est le fer de lance de l\u2019accaparement des derni\u00e8res for\u00eats primaires et des terres agricoles d\u00e9tenues par les petits exploitants dans le monde. (\u2026) Les responsables \u00e9tatsuniens de la sant\u00e9 publique ont couvert l\u2019agrobusiness lors des \u00e9pid\u00e9mies de H1N1 (2009) et de H5N2. (\u2026) Les dommages sont si importants que si nous devions r\u00e9int\u00e9grer ces co\u00fbts dans les bilans des entreprises, l\u2019agribusiness tel que nous le connaissons serait d\u00e9finitivement arr\u00eat\u00e9. Aucune entreprise ne pourrait supporter les co\u00fbts des dommages qu\u2019elle impose.&nbsp;\u00bb <\/em>(Rob Wallace, acta.zone)<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Le Green Deal&nbsp;n\u2019est plus la priorit\u00e9 num\u00e9ro un de la Commission europ\u00e9enne. (\u2026) Plusieurs chantiers \u2013 pour la biodiversit\u00e9, pour une agriculture plus \u00e9cologique, ou contre la d\u00e9forestation \u2013 sont retard\u00e9s.&nbsp;(\u2026) Une chose est s\u00fbre, la mise \u00e0 l\u2019arr\u00eat de l\u2019\u00e9conomie mondiale a redonn\u00e9 de la voix aux contempteurs du Green Deal\u00bb<a href=\"#sdfootnote10sym\"><sup>10<\/sup><\/a>. <\/em>Les lobbies s\u2019activent&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Le 8 avril, European Plastic Converters, qui repr\u00e9sente les int\u00e9r\u00eats de l\u2019industrie du plastique, plaidait pour l\u2019abandon de la directive qui interdit les produits en plastique \u00e0 usage unique.&nbsp;\u00bb <\/em>L\u2019article du Monde cite aussi l\u2019Association des constructeurs europ\u00e9ens d\u2019automobiles, les compagnies a\u00e9riennes\u2026 Aux Etats-Unis, sous l\u2019impulsion de l\u2019administration Trump, l&rsquo;Agence am\u00e9ricaine de protection de l&rsquo;environnement (EPA) a suspendu son application des lois environnementales pendant l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus en cours, signalant aux entreprises qu&rsquo;elles ne feront face \u00e0 aucune sanction pour avoir pollu\u00e9 l&rsquo;air ou l&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;A Paris, le gouvernement a rejet\u00e9 l\u2019initiative de 45 d\u00e9put\u00e9s qui portaient un \u2018grand plan de transformation de notre soci\u00e9t\u00e9 en faveur du climat, de la biodiversit\u00e9, de la solidarit\u00e9 et de la justice sociale&nbsp;\u00bb<\/em> (Lor\u00e8ne Lavocat, Reporterre, 28 mars).<\/p>\n\n\n\n<p>SelonJean-Fran\u00e7ois Gu\u00e9gan, directeur de recherche \u00e0 l\u2019Inra, <em>\u00ab&nbsp;nous avons atteint un point de non-retour.&nbsp;\u00bb <\/em>Serge Morand&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;cette fois-ci, ce ne sont plus des poulets ou des canards qui sont touch\u00e9s, mais des milliards d\u2019humains qui sont confin\u00e9s. Il faut faire une vraie transition \u00e9cologique, remettre l\u2019agriculture au centre des terroirs. Agir localement, travailler avec les communaut\u00e9s&nbsp;\u00bb. <\/em>D\u00e9passerons-nous l\u2019attitude de laisser venir les maladies, en se disant que l\u2019on trouvera bien un vaccin&nbsp;? Rappelons qu\u2019il n\u2019 y a toujours pas de vaccins contre le sida, le SARS ou le Zika.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Soubelet&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;il est trop tard pour les mesurettes. Ce qu\u2019il faut, c\u2019est une transformation de notre soci\u00e9t\u00e9 dans sa fa\u00e7on d\u2019occuper la plan\u00e8te. (\u2026) Cependant, j\u2019ai peur que l\u2019on retombe apr\u00e8s coup dans une forme d\u2019amn\u00e9sie. C\u2019est de sagesse dont nous avons besoin. Cette id\u00e9e que je ne vais pas privil\u00e9gier mon confort personnel sur le court terme, mais me soucier sur le long terme du bien-\u00eatre d\u2019un plus grand nombre.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"#alliance\"><em>\u00ab&nbsp; Les chercheurs de l\u2019Ecohealth Alliance ont propos\u00e9 que le confinement des maladies puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un nouveau service \u00e9cosyst\u00e9mique, c\u2019est-\u00e0-dire un avantage que les humains tirent gratuitement des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, tout comme le stockage du carbone et la pollinisation. Pour \u00e9tayer cette th\u00e8se, leur \u00e9quipe a travaill\u00e9 \u00e0 Born\u00e9o, en Malaisie, pour d\u00e9terminer le co\u00fbt exact du paludisme, jusqu\u2019\u00e0 chaque lit d\u2019h\u00f4pital et \u00e0 la seringue utilis\u00e9e par les m\u00e9decins. En moyenne, ils ont d\u00e9couvert que le gouvernement malaisien d\u00e9pense environ 5000 dollars pour traiter chaque nouveau patient atteint de paludisme. (\u2026) Avec le temps, cela s\u2019accumule, et d\u00e9passe les profits qui pourraient \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s en abattant les for\u00eats en place.&nbsp;\u00bb <\/em>(Katarina Zimmer)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"jones\"><em>\u00ab&nbsp;Cunningham et Jones<a href=\"#sdfootnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a> s\u2019accordent \u00e0 dire que modifier la trajectoire de la soci\u00e9t\u00e9 industrielle serait plus simple que de d\u00e9velopper un vaccin tr\u00e8s co\u00fbteux pour chaque nouveau virus. Le coronavirus est peut-\u00eatre le premier signe clair et incontestable du fait que les dommages environnementaux que cause la soci\u00e9t\u00e9 industrielle pourraient tr\u00e8s rapidement \u00e9radiquer les humains. (\u2026) &nbsp;\u00bb <\/em>(Walsh et Cotovio).<\/p>\n\n\n\n<p>La philosophe Virginie Maris prone <em>\u00ab&nbsp;une m\u00e9tamorphose sociale, fond\u00e9e sur des syst\u00e8mes plus petits et plus r\u00e9silients. Organiser, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des territoires, une forme d\u2019autonomie alimentaire et \u00e9nerg\u00e9tique, tout en inventant des fa\u00e7ons de faire soci\u00e9t\u00e9 qui soient plus solidaires et plus justes. Il faudrait aussi cultiver le plaisir d\u2019\u00eatre l\u00e0 o\u00f9 nous sommes, afin que nos conditions d\u2019existence soient suffisamment \u00e9panouissantes, d\u00e9sirables, pour ne pas avoir besoin de partir se vider la t\u00eate \u00e0 l\u2019autre bout du pays ou du monde ni de courir sans cesse apr\u00e8s des biens de consommation qui nous \u00e9chappent&nbsp;\u00bb <\/em>(Reporterre, 28 mars).<\/p>\n\n\n\n<p>Laissons le dernier mot \u00e0 J\u00e9r\u00f4me Baschet&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;la v\u00e9ritable guerre qui va se jouer n\u2019a pas le coronavirus pour ennemi, mais verra s\u2019affronter deux options oppos\u00e9es&nbsp;: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la poursuite d\u2019un monde o\u00f9 le fanatisme de la marchandise r\u00e8gne en ma\u00eetre et o\u00f9 le productivisme compulsif ne peut que mener \u00e0 l\u2019approfondissement de la d\u00e9vastation en cours&nbsp;; de l\u2019autre, l\u2019invention, qui d\u00e9j\u00e0 t\u00e2tonne en mille lieux, de nouvelles mani\u00e8res d\u2019exister qui rompraient avec l\u2019imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique de l\u2019\u00e9conomie, afin de privil\u00e9gier une vie bonne pour toutes et tous. Pr\u00e9f\u00e9rant l\u2019intensit\u00e9 joyeuse du qualitatif aux fausses promesses d\u2019une impossible illimitation, celle-ci conjoindrait le souci attentif du commun, l\u2019entraide et la solidarit\u00e9, ou encore la capacit\u00e9 collective d\u2019auto-organisation et d\u2019auto-gouvernement.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>Ecologue, chercheur CNRS, directeur de laboratoire au Mus\u00e9um national d\u2019histoire naturelle, Paris. Les citations proviennent d\u2019un entretien avec lui publi\u00e9 par Le Monde le 8 avril 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a>\u00ab&nbsp;Les maladies \u00e9mergentes favoris\u00e9es par la d\u00e9gradation de la biodiversit\u00e9&nbsp;\u00bb, Le Monde, 8 avril 2020. Parmi ces maladies on peut citer l\u2019Ebola, le SARS, Marburg, SIDA, Mers-Cov&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>L\u2019IPBES est l\u2019\u00e9quivalent du GIEC pour le climat et la biodiversit\u00e9. Elle regroupe des scientifiques d\u2019environ 130 pays. Voir \u00ab&nbsp;Il faut laisser la place \u00e0 la nature&nbsp;\u00bb, entretien avec H\u00e9l\u00e8ne Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversit\u00e9, dans Mediapart, 6 avril 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>Entretien accord\u00e9 \u00e0 Radio Zinzine le 17 avril 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a>Ecologiste sp\u00e9cialis\u00e9 dans les maladies \u00e0 l\u2019Institut de recherche sur la terre de l\u2019Universit\u00e9 de Californie \u00e0 Santa Barbara.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a>www.grain.org<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote7anc\">7<\/a>Rob Wallace, biologiste, auteur de \u00ab&nbsp;Big farms make big flu&nbsp;\u00bb. Entretien publi\u00e9 par acta.zone, 13 mars.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a>\u00ab&nbsp;Le XXIe si\u00e9cle commence maintenant&nbsp;\u00bb, un long texte publi\u00e9 sur le site de lundi matin&nbsp;: lundi.am. Une version plus courte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e par Le Monde le&nbsp;2 avril.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote9anc\">9<\/a>Ecologiste sp\u00e9cialiste des maladies \u00e0 l\u2019Ecohealth Alliance, une ONG bas\u00e9e \u00e0 New York qui \u00e9tudie les maladies infectieuses \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote10anc\">10<\/a>Le Monde, 17 avril 2020<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote11anc\">11<\/a>Andrew Cunningham, professeur d\u2019\u00e9pid\u00e9miologie de la faune sauvage \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 zoologique de Londres, et Kate Jones (voir plus haut).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une revue de presse sous confinement de Nicolas Bell SOS for\u00eat France et SOS for\u00eat du SUD Ce sera peut-\u00eatre l\u2019une des rares cons\u00e9quences positives de cette crise sanitaire plan\u00e9taire, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1077,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_gspb_post_css":"","_uag_custom_page_level_css":"","_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"footnotes":""},"categories":[19],"tags":[],"class_list":["post-1074","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-comprendre"],"mb":[],"acf":[],"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP.jpg",1496,877,false],"thumbnail":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-300x176.jpg",300,176,true],"medium_large":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-768x450.jpg",768,450,true],"large":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1024x600.jpg",1024,600,true],"1536x1536":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP.jpg",1496,877,false],"2048x2048":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP.jpg",1496,877,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/sosforetfrance.org\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Coupes-rases-11-Adret-Morvan-JLP-1320x774.jpg",1320,774,true]},"uagb_author_info":{"display_name":"admin7534","author_link":"https:\/\/sosforetfrance.org\/author\/admin7534\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Une revue de presse sous confinement de Nicolas Bell SOS for\u00eat France et SOS for\u00eat du SUD Ce sera peut-\u00eatre l\u2019une des rares cons\u00e9quences positives de cette crise sanitaire plan\u00e9taire, [&hellip;]","mfb_rest_fields":["title","uagb_featured_image_src","uagb_author_info","uagb_comment_info","uagb_excerpt"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1074","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1074"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1074\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1077"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1074"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1074"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sosforetfrance.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1074"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}