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M1 climat forêt

Mieux cadrer les stratégies
d’atténuation et d’adaptation
de la gestion forestière
aux changements climatiques

Maintenir le niveau de récolte global de bois au niveau de 2016, en répartissant mieux les efforts de prélèvements entre types de forêts, statuts de propriété et régions.
Dans les documents cadrant les aménagements des forêts publiques (Directives Régionales d’Aménagement, Schémas Régionaux d’Aménagement) et les plans de gestion des forêts privées (Schéma Régionaux de Gestion Sylvicole), inscrire les principes suivants afin de renforcer la résilience des forêts face au changement climatique et à l’érosion de la fertilité des sols et de la biodiversité :
• favoriser le mélange d’essences autochtones à l’échelle de la parcelle ;
• favoriser la régénération naturelle et limiter le recours aux plantations à des situations d’impasse sanitaire avérée et/ou d’enrichissement des peuplements existants, en excluant toute plantation en plein* d’une seule essence ;
• allonger les termes d’exploitabilité par rapport aux prescriptions actuelles, bien au-delà de la maturité sexuelle des arbres ;
• évoluer vers un capital sur pied constant dans le temps et le plus élevé possible à l’échelle de la parcelle, selon les niveaux d’équilibre fixés localement grâce à des travaux de recherche (menés par exemple par l’Association Futaie Irrégulière) ;
• encourager la conversion des taillis simples en futaie par balivage ;
• encourager la conversion des plantations en futaies irrégulières ;
• reconnaître la libre évolution comme une option de gestion valable.

  • Plantation en plein : plantation sur toute la surface d’une parcelle, sans maintien volontaire d’îlots ou de bande de végétation forestière spontanée.

Contexte / Définitions :

Depuis une dizaine d’années, l’idée que la forêt française est sous-exploitée s’est progressivement installée au centre des politiques forestières, mais aussi des politiques climatiques et énergétiques. Ce postulat repose sur le fait que la récolte de bois est aujourd’hui inférieure à la production biologique des forêts, ce qui s’explique en réalité davantage par le fait que la forêt est jeune et en partie inexploitable que par une sous-exploitation.
Le Programme National Forêt Bois fixe un objectif d’augmentation de la récolte de +12Mm3 entre 2016 et 2026 (soit 72Mm3/an en 2026) et la Stratégie Nationale Bas Carbone prévoit une poursuite de cette augmentation jusqu’en 2050 avec une récolte d’environ 95 Mm3/an.
Aujourd’hui trop de peuplements jugés pas assez productifs à court terme sont désignés “en impasse”, pour justifier une conversion de l’écosystème par plantation. Nous proposons de préciser cette notion pour éviter cette dérive. Un peuplement ne peut être dit “en impasse” que pour raison sanitaire et devrait cumuler deux critères :
1 – un état sanitaire fortement compromis, défini par au moins 50 % du couvert arborescent constitué d’arbres présentant au moins 50 % de branches fines mortes (feuillus) ou de défoliation (résineux) – le seuil de 20 % du Département Santé des Forêts nous semble trop bas et imprécis ;
2 – une régénération naturelle absente 3 ans après coupe, ou ne pouvant garantir un peuplement futur fermé atteignant au moins la hauteur dominante de l’association phytosociologique naturelle de la station.

Réglementation :

Préciser dans le code forestier la notion de « gestion en bon père de famille », en définissant notamment un critère minimum sur le mélange d’essences : au moins 3 essences objectif par parcelle et 20 % de la superficie en essences d’accompagnement.


Incitations / Financement :

Établir des incitants fiscaux ou financiers pour la régénération naturelle, la conversion des taillis simples en futaie par balivage et la transformation des plantations en futaies irrégulières. Financer la recherche sur les itinéraires techniques de ces pratiques.
Limiter les aides publiques à la plantation mélangée et aux techniques d’introduction ponctuelle (placeaux, nids,…), avec au moins 30 % d’essences autochtones dans des forêts où ces essences seraient minoritaires. Rendre accessibles les origines « végétal local » dans l’approvisionnement en plants pour les dossiers de subvention.