Les éléments de langage de Fransylva

Les éléments de langage de Fransylva

Dans l’article précédent nous dénoncions le recours de Fransylva aux éléments de langage et à la com plutôt que d’accepter d’ouvrir un véritable débat sur l’usage de la coupe rase. L’analyse du premier item, que parait-il, les asso environnementales et les citoyens utiliseraient !

“Couper un arbre c’est mal, on abime la planète !

La récolte d’un arbre fait partie du cycle de vie de la forêt quand elle s’inscrit dans une démarche de production de bois durable. Arrivé à maturité l’arbre ne pousse plus, il dépérit. Il faut le récolter pour laisser la place aux plus jeunes, rajeunir le milieu, sécuriser le territoire, alimenter la filière bois et capter du CO2.”

Mise à part “alimenter la filière bois”, les autres affirmations sont très contestables :

– “La récolte d’un arbre fait partie du cycle de vie de la forêt quand elle s’inscrit dans une démarche de production de bois durable” : La récolte ne fait pas partie du cycle de vie de la forêt, l’homme a besoin de bois certes, on peut le prélever sans trop impacter la biodiversité certes, mais cette récolte n’a rien à voir avec le cycle de vie de la forêt qui se débrouillait très bien toute seule avant l’arrivée de l’homme et se débrouillera très bien après la disparition de l’homme. Sur la production de bois durable, quand ont sait que la coupe rase en fait partie…

– “Arrivé à maturité l’arbre ne pousse plus, il dépérit” : de quelle maturité parle-t-on ? le Douglas est mature à 40 ans d’après la filière (40 cm de diamètre), il y a à peine 15 ans, la même filière le récoltait à 70 ans ! Et un Douglas peut vivre et grossir bien plus et atteindre sans difficulté plus d’un mètre de diamètre en Europe et plusieurs mètres de diamètre sur ses stations d’origines (Amérique du Nord). De plus, même les arbres âgés continuent de grossir.

D’un point de vue botanique et pédologique un arbre arrive à maturité lorsqu’il commence à rendre au sol (chute des feuilles, bois mort…) ce qu’il a emprunté pour croître. Par ailleurs, certaines essences d’arbres, dont beaucoup de ceux que l’on trouve dans nos forêts (chênes, hêtres…) et que l’on exploite n’ont pas de processus de sénescence, c’est à dire que c’est forcément une attaque extérieure qui les fait périr. De plus, ils contiennent des cellules appelées méristèmes situées aux extrémités des rameaux, des racines et sous l’écorce qui croissent tout le temps, même si c’est de quelques cm voir mm.

– “Il faut le récolter pour laisser la place aux plus jeunes, rajeunir le milieu” : Rajeunir le milieu, comme si c’était une fin en soit ! Certes, couper les gros arbres pour les besoins de l’homme est utile pour la société et appliqué à une gestion douce, dans une forêt irrégulière et mélangée, la chose peut être entendue. Mais la forêt française est déjà une des plus jeunes d’Europe et “l’âge d’exploitabilité” ne cesse de baisser. Quand à la coupe rase, convenons que le rajeunissement est un peu brutal…

– “sécuriser le territoire” : La sécurité a bon dos, même si la législation est défavorable au propriétaire sur ce point, les accidents dûs aux chutes de branches en forêt restent très limités même dans une forêt en libre évolution.

– “capter du CO2” : la stratégie d’industrialisation de la forêt portée par la filière est catastrophique pour les émissions de CO2, la désinformation sur ce point spectaculaire. Le rapport Canopée / Fern / Amis de la terre montre qu’au contraire il faudrait laisser vieillir les forêts française pour capter plus de CO2, surtout dans les 30 années qui viennent qui seront cruciales pour le changement climatique.

Voir la lettre de Fransylva